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Les errements d'un quadra' célib'
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Amour | Perso | 26.07.2013 - 18 h 05 | 3 COMMENTAIRES
Celui que tu as le plus aimé, c’est le pire de tous.
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Tu as besoin de t’exprimer… c’est pas que tu n’as personne à qui parler : tu as plein d’amis, un thérapeute trrrrrès à l’écoute (en général, il ne dit que « hum hum… » mais parfois il a une réplique aussi intéressante que « qu’entendez-vous par là ? », ce qui lui permet de te faire croire que votre conversation n’est pas un monologue…)

Tu as besoin de parler de tes errements amoureux et de Clément. *
Clément à cause de qui tu as failli mourir de chagrin. Ce blog fait partie de la thérapie. Il faut que tu parles de lui.

Le contexte :
Un beau matin, il y a 18 mois, Aurélien *, votre ami commun vous a convaincus que vous étiez faits l’un pour l’autre. Il a organisé une rencontre « surprise » puis un dîner. Vous avez passé quelques soirées ensemble et tu attendais qu’il comprenne qu’il t’aimait. Parce que forcément, toi, espèce de midinette, tu l’as aimé au premier coup d’œil… (parfois, tu te dis que tu es vraiment une connasse).

Le soir de votre premier baiser, Clément t‘a sans doute aimé une heure ou deux mais après une petite dizaine de rendez-vous, il t’a expliqué qu’il fallait que vous arrêtiez de vous voir parce que tout cela ne menait à rien, parce qu’il voulait vivre une « vie calme » sans être dépendant d’un homme.

Le temps de votre courte relation, vous aviez prévu de passer le week-end de Pentecôte chez Aurélien, qui habite en région. (un endroit toujours gris où l’on parle bizarre et l’on mange gras).  Bien entendu, une fois séparés, vous aviez trouvé un arrangement : Clément irait voir Aurélien à la Pentecôte et toi le week-end suivant. Mais quelques jours avant, Clément t’a renvoyé un SMS : « je me souviens de notre dernière conversation mais ça serait quand même vraiment chouette qu’on aille chez Aurélien ensemble. Tu pourrais changer d’avis ? »  Tu n’attendais que ça. Vous êtes partis ensemble. Comme tu savais que Clément aimait les barbus, tu t’étais laissé pousser la barbe. Clément avait adoré et dit à Aurélien « il est canon avec sa barbe : il va falloir que je me retienne de faire des bêtises »

Vous avez passé le week-end main dans la main, vous avez dormi ensemble, vous avez beaucoup discuté et puis… le lundi soir, au moment de partir, Clément t’a dit « il faut vraiment qu’on arrête de se voir » . Tu ne sauras jamais pourquoi.

Tu as toujours aimé ce type de garçons…  des types que tu dois sauver (parce que c’est bien connu : tu es le sauveur de l’humanité…) Pourquoi as-tu toujours aimé les garçons faibles et moisis ? Pour avoir sans effort du pouvoir sur eux ?

La dépression :
Tu pensais que tu oublierais Clément comme tu as oublié tous les autres. Mais ça ne t’est pas passé aussi vite que ce à quoi tu t’attendais. Tu errais comme une âme en peine. Tu as fait une dépression, perdu 10 kilos (ça ne t’a pas fait de mal), envisagé le suicide comme la seule solution possible et a mis l’intégralité de ton énergie au service de sa reconquête. Tu as arrêté de travailler, ton teint a viré au gris, tu es devenu ce qu’il convient d’appeler une loque, ton psy t’a mis sous camisole chimique (encore 4 kilos de moins), tu as coupé les ponts avec tous vos amis communs (en premier lieu, Aurélien et sa bande), tu as étudié mille itinéraires pour ne jamais passer dans sa rue (qui est stratégiquement placée entre chez toi, l’appart de ta fag hag, ton bureau et la cabinet de ton psy, c’est à dire les 4 endroits que tu fréquentes le plus), tu as essayé de penser à autre chose.

AOUT 2010 (434)

Le choc :
Et puis un soir, un peu plus d’an après votre fausse histoire, tu es allé dans au Bonne Nouvelle, ton QG avec ta fag hag. Il était là. Tu as fait un malaise. Ta fag hag t’a ramassé en miettes, a séché tes larmes, a fait preuve de toute la compassion qu’elle avait pour toi et une heure après, comme tu allais un peu mieux, tu as décidé de sortir en boite te changer les idées. Mauvaise idée : il était (aussi) là. C’en était trop : tu as perdu la raison et tu es allé l’embrasser. Il ne s’est même pas débattu. N’écoutant que ton envie, tu as pris ça pour un encouragement : si Clément ne t’a pas repoussé, c’est parce qu’il hésite. Tu n’as pas dormi de la nuit mais tu lui as envoyé des SMS pour lui dire que tu l’aimais et que tu avais besoin de lui. Pathétique… Il n’a pas répondu.

Le lendemain, Aurélien (avec qui tu avais coupé les ponts depuis des mois) t’a appelé.
« Fred, il faut que tu arrêtes. Je sais que tu ne vas pas bien, mais tu fais du mal à Clément.
– du mal ? pourquoi ?
(tu t’es dit « il n’arrive pas à m’oublier : il fait le maximum pour me fuir mais au fond de lui-même, il veut m’épouser »)
– tes réactions sont disproportionnées et tu lui fais peur : il a peur que tu t’en prennes à lui
(tu ne veux que du bien à Clément : c’est l’amour de ta vie. Pourquoi lui faire du mal ?). Tu ne sauras jamais ce qu’il s’est exactement passé entre vous, je ne suis pas sûr que Clément le sache lui-même, mais il faut que tu arrêtes, cette histoire n’existe pas, elle n’a aucun avenir. Et puis, tu sais, Clément est passé à autre chose.
– tu veux dire qu’il a un mec ?
– oui, ça fait quelques mois. Vraiment. Essaie de l’oublier. Fous-lui la paix ».

ça n’était pas la première fois que Clément te brisait le cœur. Jamais personne ne pourrait l’aimer plus que tu ne l’aimes toi, mais Clément ne s’en rend pas compte et s’est donné à un autre. Depuis un an que tu pleurais, tu n’avais plus de larme. Tu avais tellement maigri que tu ne pouvais plus perdre de poids. Ta dépression ne s’est donc pas empirée. Parler avec Aurélien ce jour-là t’a fait prendre conscience de ce que tu aurais dû comprendre depuis le début : Clément était un mirage. Du coup, le travail de deuil a pu commencer.

L’au-delà :
Ce jour-là, tu as décidé de te mettre dans le crâne que Clément ne serait pas l’homme de ta vie. C’était dur mais deux mois plus tard, tu t’es rendu compte que tu avais arrêté de pleurer. Tu as repris une activité presque normale.
Et puis un soir, tu étais dans « ton » bar (tu y traînes un soir sur deux) avec un pote et ta fag hag. Clément était là. Ton cœur n’a pas lâché, il a juste battu un poil plus fort.
Ta fag hag était inquiète :
«  tu as vu qui est là ?
– le nain barbu avec le polo rouge ? Comment veux-tu que je ne le vois pas ? C’est l’amour de ma vie… »

Tu es allé au bar, a commandé 3 mijotos pour Juan, Barbara et toi et tu l’as toisé. Barbara a passé le reste de la soirée à te surveiller du coin de l’œil, prête à t’accueillir dans ses bras si tu défaillais, mais rien : tu es resté imperturbable. Tu évitais quand même de regarder derrière toi.

Une heure plus tard, tu es retourné au bar reprendre une tournée de mojitos. Ses 3 potes étaient toujours là mais Clément avait disparu. Ses potes t’ont regardé d’un air mauvais. Tu as fait semblant de ne pas les remarquer. Tu es retourné en terrasse avec ta nouvelle tournée de mojitos, et là, ivre  tu as éclaté de rire et tu t’es mis à pleurer. De bonheur : tu étais enfin libre.

Tu es tombé dans les bras de Juan et Barbara et tu riais de toutes tes dents tout en pleurant toutes les larmes de ton corps : « il était là à 5 mètres de moi et je n’en avais rien à foutre. Je ne l’aime plus. Je suis enfin guéri.Vous avez compris ? Je suis libre ! C’est le plus beau jour de 2013 ».

Tu étais là, à la terrasse du Bonne Nouvelle, la chemise ouverte sur ton ventre (devenu plat grâce ou à cause de Clément), c’était le premier soir de l’été qui s’était tant fait attendre et tu étais beau. Tu as été une loque pendant 15 mois mais ça y est : tu as 44 ans, tu en fais 38 et demi et ta vie va pouvoir recommencer.
* comme dans tous les billets de ce blog, (presque tous) les prénoms ont été changés.

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Un mec bien dans ses pompes, souriant, heureux, riche et en pleine santé, qui assume sa quarantaine alors qu'il ne parait avoir que 38 ans 1/2 mais affublé d'une tare immense : il est célibataire.
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LES réactions (3)
Celui que tu as le plus aimé, c’est le pire de tous.
  • Par TIGER aujourd'hui - 0 H 05

    Pour 38 1/2 assumes ton 32 3/4… biz

     
  • Par Frédéric 02 Août 2013 - 19 H 39
    Photo du profil de Frédéric

    En fait, on est tous pareils : on écarte ceux qui semblent prêts à nous aimer sincèrement mais on se fait des fixettes sur les garçons qui ne sont pas fait pour vous. J’ai aimé ce Cédric comme un fou. J’aurais déplacé des montagnes pour lui. Ceux qui m’ont soutenu pendant ces 15 mois m’ont tous dit la même chose : que si Cédric s’était laissé aimer, je l’aurais quitté au bout de deux mois. Je ne le saurai jamais.

     
  • Par Spleen 28 Juil 2013 - 14 H 39
    Photo du profil de Spleen

    Bizarrement, j’y me retrouve à 90% 🙂

     
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