6890 La vaine quête de l’homme idéal | 40etdespoussieres

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Les errements d'un quadra' célib'
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Amour | Perso | sexe | 10.08.2013 - 23 h 43 | 5 COMMENTAIRES
La vaine quête de l’homme idéal
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Rappel : les photos et captures d’écran s’afficheront en plein écran si tu cliques dessus.  

A 22 ans, tu aurais pu passer une annonce « jeune homme, bien sous tous rapports, hors ghetto cherche son clone pour une vivre une belle histoire d’amour passionnée et heureuse »

Aujourd’hui, à  40 ans et des poussières si tu passais une annonce, elle ressemblerait à ça : « mec de 44 ans paraissant 38 et demi, présentable, pas trop moisi, rêve encore de rencontrer un type pas trop taré, qui tolérerait ses nombreux défauts dans l’objectif confus de savoir à qui penser tous les jours, partager des moments de bonheur simple et ne plus passer 2 heures par jour sur les chats de cul parce que quand même, la vie serait plus belle à deux »

Si tu étais vraiment honnête, tu écrirais plutôt : « mec potable d’âge moyen cherche type passe-partout, capable d’un peu de tendresse à l’égard d’un mec à la situation matrimoniale désespérante. »

Depuis 27 ans que tu baises des mecs en désespérant d’échanger de l’amour, tu as collectionné les échecs, les désillusions et les frustrations.

Pourtant, de l’avis général (ta sœur, tes fag-hags, et même tes potes hétéros),  tu es carrément bon à marier : sexy, sympa, drôle, pas con, en pleine santé et sans problème de thune : tu n’as pas de tare rédhibitoire. Et pourtant… tu ne sembles pas être capable d’échanger des sentiments avec un autre.

Qu’est-ce qui pêche à ce point-là ?

Revue de tes derniers amoureux de cette première moité d’année… par ordre inverse d’apparition à l’écran :

YAGG 024Pascal, rencontré le 22 juillet 2013. 36 ans, intelligent, beau, sensible et tourmenté. Un côté hyper romantique écorché. Il te plait beaucoup. Tu ne veux pas te projeter avec lui parce que tu as peur de ne pas être à la hauteur. Comment un garçon aussi fin et beau pourrait-il se contenter d’un mec comme toi ? Pour l’instant, Pascal est celui qui occupe ton présent. Il n’est pas tout seul car tu as plusieurs amants. Pourtant, quand tu es avec Pascal, tu ne penses à aucun autre. Quand tu es avec un réserviste quelconque, tu te demandes pourquoi tu n’es pas avec Pascal. Parce qu’en ce moment, tu n’as qu’une envie : être avec lui. Nous reparlerons de lui dans un prochain épisode.

Sébastien, mai 2013 : ce grand garçon de 41 ans t’a harcelé sur les chats de cul pendant des semaines parce qu’il te trouvait super sexy. Tu ne comptais pas le voir mais tu as fini par céder pour en avoir le cœur net. Vous avez passé une semaine romantique à vous tourner autour, bu beaucoup de bières ensemble, ça aurait pu décoller mais… un soir, tu as croisé Clément, l’amour de ta vie, et tu t’es mis à pleurer devant Sébastien. Il a pris ses jambes à son cou. De toute façon, tu n’étais pas prêt… à ce moment-là, tu ne voulais qu’une chose : avoir illusion d’avoir un petit ami pour te consoler de l’absence de Clément. Le mec aurait morflé à un moment ou un autre… en fait, il a échappé belle.

IMG_2556Benoît, avril-juin 2013 : 25 ans, immature et enthousiaste, diaboliquement sexy… tu l’as rencontré dans de mauvaises circonstances : sur un chat (encore…) et le premier truc qui t’a attiré chez lui, c’est qu’il ressemblait comme deux gouttes d’eau à Clément : le cheveu dru en bataille, le regard noir, la barbe hirsute mais douce, la peau douce et la voix de fille. Il aimait les quadragénaires poilus. Forcément, tu lui as plu. Tu lui as sorti le numéro de charme mais tu voulais le punir de ne pas être Clément. Alors dès le premier soir, tu l’as battu comme plâtre, sodomisé sans douceur et craché dessus.

Le lendemain, il t’écrivait « it was holy mother fucking very good ». Tant de soumission t’a fait fondre. Trois jours après, son SMS était « en fait, t’es un bad boy, mais en peluche… », alors tu t’es attaché. Trop. Ça l’a gonflé. Benoît n’avait sans doute pas l’habitude qu’on soit gentil avec lui. Il préférait sans doute qu’on le maltraite.

Toi, faire du mal, ça t’excite et ça t’amuse un moment… mais tu avais le profond désir de lui faire du bien. La dernière fois que tu l’as vu, il t’a dit « je ne suis pas en mode câlins aujourd’hui ». Ce jour-là, tu l’étais. C’était la veille de ton anniversaire et tu ne l’as plus jamais revu.

Tu sais bien qu’il n’était pas un mec pour toi : ton mari ne peut pas 1) avoir 19 ans de moins que toi 2) vouloir « monter un projet bio-équitable en Franche-Comté » (tu ne sais même pas où est la France-Comté et sur ce coup-là, tu préfères rester dans ton ignorance). Tu l’as su dès le premier jour, mais avec le recul, tu sais que tu as nourri un petit sentiment amoureux pour lui. Il a été l’un des artisans de ta guérison de Clément. Un jour, tu lui enverras un mail avec un lien vers ce billet. Pour tout lui expliquer. Tu ne l’as pas encore fait parce que le fait de lui avouer que tu as nourri ce petit sentiment amoureux pour lui te gêne un peu : ça n’était vraiment pas raisonnable.

IMG_1597Franklin, mars 2013 : 24 ans, la même tête que Tao dans les Cités d’Or. Physiquement, selon tes critères, le mec parfait : 1m65, 55 kilos, pas un poil, la peau dorée, des muscles ronds et un cul bombé qui ferait bander un eunuque. Tu étais en vacances en Colombie. Ta deuxième soirée à Bogota, tu l’avais rencontré sur Grindr, tu l’avais ramené à ton hôtel et tu as immédiatement compris pourquoi les nuits colombiennes étaient si chaudes.

Il t’a inondé de SMS les 10 jours suivants alors que tu baroudais dans le nord du pays. Tu as adoré Carthagène mais tu avais envie de le revoir. Tu as anticipé ton retour vers Bogota de 48 heures pour y passer un peu de temps avec lui. Il est venu te chercher à l’aéroport, t’avait préparé un nid d’amour (il avait recouvert son lit de pétales de fleurs en ton honneur). Tes deux derniers jours ont été une succession d’extase sexuelle, d’échanges romantiques, bref, de découverte de Bogota « de l’intérieur » (si tu vois ce que je veux dire…).

Quelle était ton atout de séduction fatale ? Tes poils, tes yeux bleus ou ton passeport ? Tu ne le sauras jamais mais quand Franklin t’a raccompagné à l’aéroport, il a pleuré… soit c’était un très bon comédien, soit il t’a vraiment aimé. Peu importe. Ton mari ne vit pas à 8000 kilomètres.

Adrien, janvier/février 2013 : 28 ans, encore étudiant. Mèche blonde, peau d’ange, sourire désarmant. Il vivait dans le XVème et pour toi, c’est presque plus compliqué que s’il habitait à Bogota. Adrien t’avait dit qu’il avait « un lourd secret ». Tu avais deviné tout de suite ce qu’était son secret mais il lui avait fallu 5 ou 6 rendez-vous pour qu’il « t’avoue » qu’il était séropositif, comme si c’était une tare. Ça ne changeait pas que tu l’aimais bien.

Le problème, c’est qu’il ne voulait pas faire de sexe de peur de te contaminer. Tu as eu beau lui expliquer que dans ta longue carrière de Don Juan, tu avais sans doute fait l’amour avec des dizaines de garçons séropositifs, mais ça le faisait flipper. Un jour, tu en as eu marre de le relancer. Il avait l’air de vouloir s’excuser sans cesse de sa sérologie. Pour toi, c’était un détail mais pour Adrien, il était séropositif et juste ça. Toi, tu aurais pu lui donner 20 qualificatifs. Lui ne se définissait que par rapport au VIH. Tu ne sais pas si ton futur mari sera porteur du VIH ou pas, mais tu sais un truc : que tu t’en fous.

Aujourd’hui, tu as envie de Pascal et tu sais qu’il n’est pas monogame, que son engagement politique lui prend beaucoup de temps (et que vous n’avez pas les mêmes convictions), qu’il est beaucoup plus intelligent que toi (alors que tu aimes dominer les mecs sur tous les points) et qu’il aime les brutes épaisses poilues et musculeuses. Est-ce un détail ? Tu comptes t’inscrire à la gym…

Tu as 44 ans, tu n’en fais que 38, tu as cessé d’attendre l’homme idéal mais tu es prêt à tout pour devenir le mec idéal d’un mec qui te plairait. Tu te dis que tu mûris un peu… et que plutôt que d’écrire ce billet, tu aimerais être dans les bras de Pascal. ça te rend un peu triste…

 

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Un mec bien dans ses pompes, souriant, heureux, riche et en pleine santé, qui assume sa quarantaine alors qu'il ne parait avoir que 38 ans 1/2 mais affublé d'une tare immense : il est célibataire.
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LES réactions (5)
La vaine quête de l’homme idéal
  • Par hulysse2000 17 Août 2013 - 22 H 18
    Photo du profil de hulysse2000

    La quarantaine …les feux de l’Amour( ou de la gloire°…comme sur un nuage ..le temps suspendu..l’on retient encore une jeunesse que l’on croit éternelle..(effet Peter Pan)..attention à la chute…la cinquantaine arrive plus vite que prévue …

     
  • Par Yoann 12 Août 2013 - 14 H 53

    Génial cet article!
    Je trouve que cette revue de derniers « amours » est marrante et écrite avec un certain recul. Dommage q’uelle ne survole que 2013…!

     
  • Par marc170 12 Août 2013 - 14 H 00

    et oui la quête de l’homme idéal provoque tant de galères amoureuses, tant d’esquisses de bonheur et de désillusions. Pour ma part inscrit depuis peu sur meetic, je constate hélas que les mecs de 45/50 ans cherchent un physique qu’eux-même ne peuvent plus proposer…sans compter les performances qu’il faut réaliser comme à 25 ans…Solitude ma compagne des mauvais jours, je ne t’épouserai point, j’espère rencontrer un mec aimant que j’aimerai….Avoir un CDI après tant de CDD ou d’interim, je crois que c’est possible; et vous?

     
  • Par ArthurV 12 Août 2013 - 11 H 40

    Monsieur, il va falloir que tu écrives avec nous ! 🙂

     
  • Par Balder 11 Août 2013 - 12 H 43
    Photo du profil de

    Bonjour Frédéric,

    Je dois te faire une confidence, je n’ai pas pu me retenir de sourire en lisant tes articles,.

    Je sais que ce n’est pas très élégant eu égard à ce que tu as vécu et j’en m’en excuse, mais tu as beaucoup d’humour et un talent certain pour l’auto-dérision.

    Je ferai le maximum pour « tenter » de rester impassible à la lecture de ton prochain article.

    En te souhaitant le meilleur d’ici là.

    Bien Cordialement.

    Balder.

     
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