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Les errements d'un quadra' célib'
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Amour | Non classé | 16.08.2013 - 02 h 06 | 0 COMMENTAIRES
Summertime sadness
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Rappel : les photos et captures d’écran s’afficheront en plein écran si tu cliques dessus.  

Le Marais est vraiment petit. Ce dimanche 21 juillet, tu es tranquillement installé dans ta petite maison au bord de la mer lorsqu’un mec t’aborde sur un chat gay. (le lecteur se dit que si tu évoques sur ton blog le fait qu’un mec t’aborde sur un chat, c’est que ta vie est vraiment pauvre)

Le truc, c’est que sa tête te dit quelque chose… on est dimanche soir, tu as beaucoup trop bu la veille mais tu essaies de rebrancher tes neurones. D’où connais-tu ce garçon ? Tu regardes toutes les photos de son profil :

Gueule d’ange, petite mèche lisse, yeux noirs, barbe courte… bien entendu, il te rappelle Clément, l’amour de ta vie. La ressemblance entre les deux est vraiment flagrante. Il est vraiment joli et il te rappelle quelqu’un. Et pas seulement Clément. Tu te concentres… longtemps.

Tu es intrigué. Tu lui demandes s’il habite dans le coin ou s’il est de passage. La réponse ne se fait pas attendre : « j’habite à Paris, je suis ici en vacances pour quelques jours ». OK. C’est un indice. Tu sais donc qu’il habite Paris et qu’il s’appelle Pascal.

Et là, résonne dans ta tête la voix de ton ami Aurélien : un jour où tu te lamentais que Clément était l’homme de ta vie et que tu ne pourrais pas trouver un mec aussi bien tellement il était unique et exceptionnel, il t’avait dit « je pourrais te présenter mon ami Pascal : c’est le clone de Clément. Forcément, tu ne l’as pas remarqué à la soirée où tu es sorti avec Clément parce que tu n’étais pas capable de voir quelqu’un d’autre… Rencontrer Pascal te permettrait de voir que Clément n’est pas si exceptionnel, mais forcément… ça ne serait pas du tout une bonne idée… »

Ça serait tout de même un peu bizarre que ce soir, tu sois tombé sur ce mec.

Tu veux en avoir le cœur net. Tu es certain d’avoir déjà repéré ce Pascal. En fait, sa photo de profil, tu penses que tu l’as vu sur Facebook. Pascal a dû commenter des statuts d’Aurélien. Tu ne peux pas le vérifier : tu t’es désamifié avec Aurélien et tu as fait une manip’ dite de « blocage » pour ne plus jamais le voir. Ça faisait partie de la thérapie pour oublier Clément.

Tu te concentres. Tu es certain que c’est lui. Tu as une excellente mémoire. Tu lui expliques que tu crois le connaître et tu lui demandes la première et la dernière lettres de son nom de famille. Il te répond. Tes neurones reconnectés, tu essaies de se souvenir du nom de ce mec qui commentait souvent les statuts d’Aurélien. OK. Tu penses avoir retrouvé : tu le cherches dans Facebook. C’est bien lui… et accessoirement, tu apprends qu’il est ami avec Sylvain, le mec avec qui tu as vécu pendant 8 ans. Tu préfères ne même pas savoir comment ils se connaissent ces deux-là…

Tu dis au mec que vous vous êtes déjà croisés une fois. Tu ne te souviens absolument pas de Pascal mais tu sais qu’il était là. La discussion s’engage et vous décidez de prendre un verre ensemble le lendemain. Rendez-vous est pris pour 11 heures.

Tu y vas avec un peu d’appréhension. Il y a deux mois, quand tu as vu Clément, tu es tombé dans les pommes. Mais c’est du passé : depuis au moins 15 jours, tu n’as plus pleuré à cause de lui et la semaine dernière, tu l’as croisé au Bonne Nouvelle et ça ne t’a (presque) rien fait. Tu es guéri. Tu en es sûr. Et puis ça n’est pas avec Clément que tu as rendez-vous mais avec Pascal. Ça va bien se passer.  

Tu connais le proverbe ? Les amis de tes amis sont tes amis. Alors forcément, comme Pascal est un bon copain d’Aurélien (qui a été un de tes amis très proches) et qu’il connaît aussi ton ex, vous avez plein de points communs. Le rendez-vous est parfait : le verre de 11 heures se transforme en deuxième verre, puis en déjeuner, puis en petite balade… et au moment de le quitter, une bise, deux bises, il pose sa main sur tes hanches, une troisième bise, une quatrième. Tu lui souris :
« dans ton pays, on s’embrasse combien de fois ?
– jusqu’à ce qu’on n’en ait plus envie »

Vous vous regardez dans le blanc des yeux. Vous êtes dans les bras l’un de l’autre, vous vous roulez des pelles sur la place du village et le monde n’existe plus. Vous venez de passer 5 heures ensemble et il t’a complètement séduit. Tu es sur un nuage. Tu lui proposes d’aller jusqu’à la mer, ta voiture est garée à côté. Vous allez jusqu’au parking main dans la main. Il trouverait très romantique que tu rates ton train pour Paris ce soir puisqu’il est en vacances encore pour 4 jours mais tu es raisonnable : tu as des rendez-vous importants à Paris demain, tu dois rentrer.

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Pendant 8 jours, vous allez échanger des SMS et des coups de fil. Pascal est romantique, drôle et fin. Vous apprenez à vous connaître. Il te demande comme ami sur Facebook. Tu hésites par rapport à Aurélien.

Comme tu l’as bloqué, il ne pourra rien voir ni savoir. Reste Sylvain, ton ex. Depuis cinq ans, il essaie toujours d’en savoir un maximum sur tes histoires de cul et d’amour. Et puis merde, ce qui est important, c’est Pascal et toi, pas les autres. Tu acceptes. Tu traînes des heures un peu sur son profil. Tout ce qui s’y trouve te plait.

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Huit jours plus tard, les vacances de Pascal sont terminées et de retour à Paris, vous passez une soirée sur deux ensemble. De façon naturelle, vous dormez chez lui, puis chez toi. Après quelques nuits, vous avez chacun une brosse à dents chez l’autre. 15 jours plus tard, il laisse du liquide à lentilles chez toi. Ça s’accélère.

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Une nouvelle semaine se passe. C’est à ton tour de prendre quelques jours de vacances et tu quittes la ville. Pascal te manque cruellement.  Ses SMS sont de plus en plus espacés, moins tendres. Tu le sens distant. Vous n’avez toujours pas fait l’amour et tu n’arrives toujours pas à mettre des mots sur ce que tu ressens pour lui.

De toute façon, se poser la question ne te servira plus à rien : 24 jours après votre premier baiser, au lendemain de ton retour de vacances, Pascal t’explique que « ça ne peut pas marcher » : il ne te donne pas de raison. Mais bon, c‘est comme ça. Tu insistes un peu : vous connectez bien, tu te sens vraiment bien avec lui et tu as envie qu’il se passe quelque chose entre lui et toi.

On est le 15 août et tu t’es fait plaquer alors que Pascal et toi n’étiez pas officiellement « ensemble ».

Sur le papier, tout se présentait sous les meilleurs auspices : Physiquement, Pascal est l’archétype du mec qui t’attire. Il est brillant (ça te change des apprenties coiffeuses que tu ramasses habituellement), passionné, gentil, doux, altruiste, créatif, éclectique. Et puis il est pratique : il habite à 15 minutes à pied de chez toi et de ton bureau… 

Bref, sur ton CV, il aurait été très bien. Mais bon, voilà… Pascal est moisi jusqu’au bout des ongles par une dépression gluante. Depuis que tu le connais, tu es très attiré mais tu entends cette petite voix qui t’invite à te barrer en courant parce que ça sent le plan bien compliqué…

Ce 15 août, tu n’es pas malheureux. Tu es un peu triste de te dire que tu es « toujours célibataire ». Parce que vraiment, ce Pascal est un mec super. Dépressif, compliqué, torturé… mais comme tu n’aimes que ce genre de types, ça n’aurait pas été un obstacle. Tu aurais coulé des moments heureux avec lui, été fier de le présenter à tes amis, sans doute heureux de vous sentir « en couple » ensemble.

Quelle est la meilleure façon de rencontrer un mec ? Sans doute, commencer par un plan cul avec un inconnu et prendre le temps de le découvrir ensuite est la meilleure solution. Parce que tu as la preuve que rencontrer un ami d’ami qui connaît des gens qui… sont sur Facebook et dont tu peux vérifier les dates de connexion sur les chats de cul, c’est pas le plus simple à gérer. Et comme tu as lâché l’adresse de ton blog à Pascal, ça ne va pas s’arranger…

Le pire, c’est que tu aimerais bien qu’il change d’avis. Pas par fierté, tu n’es pas comme ça. C’est parce que tu sens que sous la couche de moisi, il y a un mec super qui sommeille. Tu es vraiment incorrigible : à ton âge, tu devrais savoir qu’on ne sauve pas les gens qui ne sont pas assez grands pour dire tous seuls « merde » à leur père.

 

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Un mec bien dans ses pompes, souriant, heureux, riche et en pleine santé, qui assume sa quarantaine alors qu'il ne parait avoir que 38 ans 1/2 mais affublé d'une tare immense : il est célibataire.
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