6890 Voyages | 40etdespoussieres

La bannière doit faire 1005 x 239 pixels

40etdespoussieres
Les errements d'un quadra' célib'
Perso | Voyages | 17.08.2016 - 12 h 32 | 0 COMMENTAIRES
Mes vacances aux îles Féroé

Étiquettes : , , , , ,

Comme tu es un pédé de classe A, tu ne vas pas partir en vacances à Sitges, Ibiza ou Saint Trop comme le pédé du coin de la rue. Tu préfères choisir pour tes vacances une destination hors des sentiers battus et protégée du tourisme de masse. Tu as donc opté cet été pour une destination atypique : les îles Féroé. Et au risque de spoiler la lecture de ce post, tu as a-do-ré !

Imagine un îlot paradisiaque : des plages de sable blanc ourlées d’une mer turquoise, agrémentées de cocotiers sur lesquels tu te délecteras d’un mojito ou d’un cocktail de fruits sucrés et juteux. Si tu penses ça, c’est que tu n’as rien compris !

Non… au cœur de l’Atlantique Nord, les îles Féroé, c’est 18 îles au climat hostile (la bruine et le brouillard y sont omniprésents), à la végétation rare et à la nature sauvage. Et puis pour le sexe, vaut mieux kiffer les moutons… tu aborderas cette question un peu plus loin dans l’article. (mais non, tu n’es pas devenu zoophile)

A waterfall cascading over the black sand beach of Bour into the Sorvagsfjorour, in the background is the uninhabited islet of Tindholmur with its many peaks.

voyage féroé

 

Pourquoi les îles Féroé ?

Cet été, pour la première fois depuis longtemps, tu allais pouvoir partir en longues vacances (3 semaines consécutives… ça ne t‘était pas arrivé depuis 7 ans ½) et tu avais envie de nature vierge, d’air pur et de balades le nez au vent. Et surtout… après l’année que tu as passée (alcools en tous genres, excitants, contrôle fiscal, sexe débridé, augmentation du chiffre d’affaires de ta boite de 45% ce qui ne s’est pas fait sans effort), tu avais envie d’un break de villes, de folles, de bruit et de pollution. Alors pas question de te retrouver à Barcelone sur une plage bondée empestant l’huile solaire, où des tapettes hurlantes se précipiteraient sur un chiringuito qui exhalerait des vapeurs d’alcool et de poppers.

Comment aller aux îles Féroé ?

Une seule compagnie dessert les îles Féroé : Atlantic Airways. Elle dessert Vagar (à l’ouest de l’archipel) au départ de Copenhague (2 ou 3 vols par jour ; un peu plus en été). Elle rapproche aussi les îles Féroé de Bergen, Edimbourg, Reykjavik, Billund et Aalborg  (2 ou 3 vols par semaine). De juin à août, elle vole vers Barcelone et Palma de Majorque. Il faut bien que les Féringiens voient le soleil de temps en temps.

En réservant 6 mois à l’avance, on peut trouver un vol Paris/Féroé via Copenhague pour 400 €. En t’occupant de tes vacances 3 semaines avant le départ, tu as trouvé un billet à 530 €. Acceptable.

Quand aller aux îles Féroé ?

Au risque de te répéter, tu en profites pour indiquer au lecteur (ébahi) que dans ce soin de l’Europe, il fait 10 à 15 degrés l’été et entre 0 et 5 l’hiver (il gèle rarement aux îles Féroé). Tu vois la Bretagne en novembre ? C’est les îles Féroé en juillet. En faisant ton sac, tu t’étais dit qu’une tenue « à la française » te donnerait tétons durcis et membre recroquevillé. Tu as donc acheté une doudoune et exhumé ton k-way Albertville 1992 de ton placard. Le k-way, ça va à tout le monde et ça va avec tout, c’est bien connu.

Découvrir les îles Féroé :

La meilleure solution est de louer une voiture à l’aéroport et de sillonner les routes pendant toute la durée de son séjour. Tu as confié l’organisation de ton voyage aux îles Féroé grâce à une petite agence de voyages de qualité, spécialiste des pays nordiques hors des sentiers battus. Elle t’a réservé une voiture de location, des chambres dans les rares hôtels de l’archipel (tu as dormi à Sørvágur, à Gjógv, à Runavík et à Tórshavn) et des billets de bateau pour l’île de Mykines (rien à voir avec Mykonos) où tu as pu voir des milliers de macareux royaux en liberté. (et non pas des Italiens bruyants et des tapettes musculeuses).

A chaque détour de chemin, tu as découvert des paysages à couper le souffle, des étendues de steppe, de lande et de toundra absolument vierges, des troupeaux de moutons et des colonies d’oiseaux. Un grand bol d’air pur rafraîchissant pour couper avec tes habitudes de citadin stressé.

puffins macareux féroé

Sortir le soir aux îles Féroé :

En Province, c’est bien simple : il n’y a rien de prévu. Il est bien entendu possible d’aller boire une bière dans une station-service, les seuls lieux de vie hors de Tórshavn, la capitale des îles Féroé (avec 17000 habitants, elle est considérée comme la plus petite capitale d’Europe)

A Tórshavn, il est possible d’aller faire un tour dans un bar de nuit. Tu as passé quelques minutes au Circus, dont tu ne garderas pas un souvenir impérissable. Faire une recherche du type « gay Faroe islands » sur Google search peut laisser espérer un semblant d’activité nocturne où tu pourras croiser des gens de ton espèce. Tu soupçonnes les rédacteurs de ces informations d’avoir voulu faire une bonne blague en recensant des lieux qui n’existent pas, ou où le dernier « gay » qui serait passé dans les lieux en question serait un marin hétéro mais tellement frustré qu’il serait prêt à tout pour un moment charnel. C’était en 1977 et il cherche encore…

Faire du sexe aux îles Féroé :

Voici qui doit être bien compliqué. Il y a 17000 habitants à Tórshavn, 4800 à Klaksvík (la deuxième ville des îles Féroé) et 48000 au total dans tout l’archipel. C’est l’équivalent de la population d’Albi ou de Brive-la-Gaillarde. Le tout dans un endroit à une heure de vol de tout autre lieu habité… Les opportunités doivent donc être bien peu nombreuses.

Nos amis zoophiles peuvent sans doute se consoler en draguant un mouton. Il y en a 85000 environ dans l’archipel, de 30 races différentes. (note pour les pisse-froid : c’est de l’humour).

Pour avoir une approche la plus scientifique possible de ce que Grindr réserve à ceux qui s’égarent jusqu’aux îles Féroé, tu as demandé à ton ami Stéphane (qui t’accompagnait dans ce voyage) de connecter Grindr à des horaires aléatoires, pour avoir une vision globale de perspectives offertes par l’appli… Tragique. La seule fois où il y avait plus de 4 connectés à moins de 300 kilomètres à la ronde, il y avait les deux résidents de la chambre 209 de l’hôtel Stryem de Tórshavn (avec Stéph, vous étiez chambre 208), deux Allemands (avec qui Steph a convivialisé pendant le petit dej) qui n’étaient aux îles Féroé que pour 3 jours, en transit vers l’Islande.

Après une enquête approfondie, on t’a expliqué que nombre de gays qui veulent vivre un peu s’expatrient bien volontiers à Copenhague où ils auront bien plus de possibilités de vivre leur sexualité.

Notons avec satisfaction l’existence d’un groupe militant LGBT aux îles Féroé. Il anime un site web (dont certains articles sont traduits en anglais) et un groupe facebook qui relaie des informations sur la vie gay du territoire et l’actu internationale. (en Féringien uniquement, et tu reconnais que ça n’est pas la langue la plus apprise à l’école)

Le grind aux îles Féroé :

Le grind, ce douloureux problème… Si les îles Féroé sont (un peu) connues du grand public, c’est surtout parce qu’une association de défense de la nature a décidé de médiatiser une pratique coutumière des îles Féroé : le grindadrap, aussi appelé grind. Rien à voir avec une application de rencontres sur smartphone. Le grind est le nom donné à la chasse à la baleine, pratiquée autrefois à Terre-Neuve, au Groenland, dans d’autres îles de l’Atlantique nord et dans les eaux de toute la Scandinavie. A ce jour, elle n’est plus pratiquée qu’aux îles Féroé (et encadrée par le gouvernement). La chasse à la baleine représente 25% des apports en protéines des Féringiens. Il arrive que les chasseurs chassent en même temps des dauphins qui s’égarent dans les eaux féringiennes. On estime que 1000 mammifères marins sont tués chaque année sur les côtes féringiennes (dont un orque en 1978).

Tu as reçu bien des messages de tes connaissances, choquées par cette tradition et sans vouloir te justifier (tu estimes ne pas avoir d’avis à donner), tu as fait le parallèle avec d’autres pratiques traditionnelles d’autres pays d’Europe comme le gavage des oies ou la corrida, dont la cruauté n’a rien à envier au grind. Ce à quoi ces défenseurs de la nature t’ont répondu [en gros] « oui mais bon, quand même… les taureaux et les oies, c’est pas aussi choupinet que les dauphins ». Devant cet argument choc, tu n’as pas continué le débat. A ceux que le grind intéresse, tu invites :
1) à la consultation de cette page wikipedia (où les photos ne sont pas photoshopées comme celles des associations de lutte contre le grind qui trafiquent les couleurs pour que la mer ait l’air rouge)
2) à la méditation sur le sort des oies et des taureaux
3) à un jugement sur le non-respect des droits humains dans nombre de pays dits civilisés.

(et puis il faut que tu l’assumes : écrire ou prononcer le mot grind te fait toujours sourire…)

La gay pride aux îles Féroé :

C’était la surprise de ton voyage. Tu n’as pas fait exprès mais tu es arrivé à Tórshavn le jour de la gay pride. Elle a lieu chaque année le 27 juillet. Ce jour-là, 5000 personnes environ défilent dans les rue de Tórshavn (soit 10% de la population féringienne. Tu imagines s’il y avait 6 millions de manifestants pour la marche des fiertés à Paris ?). Tu ne sais pas combien de gays y participaient (il y avait surtout des familles) mais tu as pu identifier quelques dizaines de jeunes lesbiennes à l’air fâché qui visiblement ne broutaient pas que de l’herbe.

La marche s’est terminée par un discours des organisateurs de la manifestation. L’invité d’honneur de la marche ce 27 juillet 2016 était l’ambassadeur des Etats-Unis à Copenhague. Tu as omis de préciser cette subtilité géographique : les îles Féroé sont un territoire du Danemark, comme l’est le Groenland. Le territoire est administrativement rattaché à la couronne danoise même s’il est très majoritairement patriote (sur chaque maison, on trouve un drapeau des îles Féroé et les Féringiens ne manquent pas une occasion de le hisser).

Après les discours militants, il y avait un concert où se pressaient des groupes locaux populaires. Une ambiance un peu « bal des pompiers » du 14 juillet dans un village français. Elle était certes assez rafraichissante mais puisqu’on parle de frais, rappelons qu’il faisait genre 10 degré et que le brouillard était aussi épais qu’une tranche de steak de mouton. Tu n’as pas insisté bien tard. Tu notes avec un peu d’émotion que l’an dernier, Samantha Fox s’y est produite. Elle avait un peu excité tes sens quand tu étais un ado boutonneux inconscient de son orientation sexuelle. Tu as appris à l’occasion d’une discussion avec un Féringien qu’elle était lesbienne assumée. Tu t’es réjoui de cette nouvelle.

LGBT Féroé

Lesbienne aux cheveux bleus

Les îles Féroé sont l’un des 10 seuls pays au monde où les gays et les autres bénéficient de l’égalité parfaite devant le mariage et la filiation. Réjouissons-nous pour les quelques centaines de personnes LGBT+ des îles Féroé. Et regrettons que la France n’en fasse pas partie.

Manger aux îles Féroé :

Le voyageur aux îles Féroé jouit d’un large choix de gastronomie à base de mouton et de saumon. Les végétariens doivent y être bien malheureux. La vie est chère aux îles Féroé : compter 7€ pour une bière ou un sandwich ; 50€ pour un dîner au restaurant. Le seul gros supermarché de l’archipel est situé dans le centre commercial SMS, à l’entrée de Tórshavn. Les voyageurs qui choisissent un hébergement en maison peuvent y acheter de quoi se préparer à dîner. Tu as apprécié dans ce supermarché le grand choix de pâtes sans gluten (tu es une vieille folle parisienne bobo et tu l’assumes).

Rapporter des souvenirs des îles Féroé :

Tout est cher et 90% des produits vendus aux îles Féroé sont importés. L’économie des îles Féroé est dominée (à 93% !) par la pêche. Tu aurais éventuellement pu rapporter de la morue (mais tu as passé ton tour) ou un pull en laine de mouton made in Faroé islands. Il t’en aurait coûté environ 150 €. Tu as contribué à l’économie de l’île en rapportant quelques magnets qui ont rejoint ta collection sur ton frigo. Et on dit que les pédés ont du goût…

En résumé, tes notes :
Dépaysement : 5/5
Accessibilité avion et rapport km/prix : 3/5
Rapport qualité prix : 3/5
Bouffe : 3/5 (et tu te réjouis d’être carnivore). Le bon mot de Stéphane cette semaine : « ce qui a le plus de goût dans mon sandwich, c’est le concombre »
Intérêt : 5/5 si tu as envie de nature vierge, de grands espaces intacts et que tu as un intérêt pour l’ornithologie. C’est ton cas. De toute façon, on ne va pas par hasard aux îles Féroé…

Perso | Voyages | 11.08.2015 - 21 h 18 | 0 COMMENTAIRES
En week-end en Lettonie

Étiquettes : , , ,

Dans le cadre de tes activités professionnelles, tu voyages beaucoup ! Mais ton petit punk et toi adorez dormir ensemble, alors tu limites tes escapades européennes au strict nécessaire professionnel pour pouvoir lui mettre des races le câliner le plus possible. Parfois, tout de même, le devoir ou l’amitié t’appelle. Ainsi, le mois dernier, tu es allé en Lettonie.

Alors…  la Lettonie… Là, le lecteur se gratte la tête « ça me dit quelque chose ». Oui, mais quoi ?DSC01747       DSC01825

La Lettonie est l’un des 3 pays baltes, celui du milieu (en bon bayrouiste, tu te devais de commencer par celui-ci). On récapitule ?
– Lituanie, Vilnius
– Estonie, Tallinn
– Lettonie : Riga. (mais pas que… on verra ça par la suite)

Pourquoi la Lettonie ? Il se trouve que dans la cadre de tes activités professionnelles, tu es en relation avec un hôtelier qui exploite un petit lodge au fin-fond de l’Afrique. Ce garçon est Italo-Allemand (ou Germano-Italien), parle un français bizarre (qu’il a appris sur le tas dans les docks de Hambourg grâce à des Sénégalais à gros-bras) mâtiné de toutes les langues européennes, qu’il est tombé amoureux d’une Lettone (qui elle aussi travaille dans les profondeurs africaines) et qu’ils t’ont invité à leur mariage (en Lettonie, donc).

Comme tu ne recules devant rien (et surtout pas devant l’inconnu) et qu’en plus, tu les aimes beaucoup, tu as écouté ton instinct et tu as sauté dans le premier avion pour Riga.

Comment aller à Riga ? Pour aller à Riga, tu n’as quand même pas pris le premier avion  parce que la première solution proposée par les comparateurs, c’est Wizzair au départ de Beauvais. Et ça, c’est pas possible… parce que 1) Tu ne vas pas à Beauvais parce que la Picardie est une terre hostile, 2) Tu ne peux pas te résoudre à emprunter les vols d’une compagnie aérienne low-cost au logo à dominante rose « originaire de Hongrie et de Pologne » même si elle dessert plus de 100 destinations à partir de 16 bases. Wizzair a 2 vols par semaine entre Beauvais et Riga mais tu ne prends pas cette chose.

Tu as découvert l’existence de la compagnie Air Baltic. Air Baltic dessert plus de 50 destinations en Europe (dont Paris & Nice) au départ de Riga et 8 (dont Paris) au départ de Vilnius, la capitale de la Lituanie.
Au départ de Paris CDG2D, Air Baltic propose 2 vols par jour (oui, par jour !) en partage de code avec Air France et en Boeing 737. Pas de bagage ni de bouffe dans le prix du billet mais le service est acceptable, pour 150 à 250 € aller-retour.

Au départ des régions, on peut voyager avec Lufthansa via l’Allemagne ou avec Brussels Airlines au via Bruxelles.

Quand aller à Riga ? Il faut quand même une bonne raison pour aller à Riga ; gageons qu’on n’y va pas sur un coup de tête. Le climat est horrible froid : très rigoureux l’hiver, et juste froid (et souvent pluvieux) l’été. Toi, tu y es allé début juillet ; le thermomètre frôlait les 40° à Paris et n’a jamais percé au-delà de 20° quand tu y es allé. On veillera donc à se munir d’une petite laine (voire une grosse).

Découvrir Riga : On peut se déplacer à pied dans Riga pour découvrir quelques joyaux arts-déco et attractions au goût plus ou moins douteux. Retenons
– la maison des têtes noires, le symbole de la ville de type « renaissance flamande »,
– les Eglises Saint Jean et Saint Pierre, voisines, et de style gothique,
– le Château de Riga, d’un jaune vif assez dégueu,
– le KIF, un petit musée d’art contemporain, pas si inintéressant que ça (mais de la à kiffer, n’exagérons rien),
– le monument de la liberté, une espèce de colonne de 42 mètres de haut, coiffée de 3 étoiles grotesques, le symbole, du mouvement indépendantiste  des années 80. Tellement laid qu’on en regretterait l’URSS,
– la cathédrale byzantine absolument surchargée de dorures,
– le marché central, où tu peux te gaver de fruits pour trois sous.

DSC01758

Riga by night : Tu as passé ton unique soirée à Riga au Coco Loco (c’est marrant : tu penses avoir traîné tes baskets dans une dizaine de Coco Loco dans le monde). Le Coco Loco de Riga est un bar sympa avec terrasse, à l’excellent accueil et aux prix raisonnables. Il y a du wifi (gratuit) au Coco Loco, ce qui t’a permis de te connecter à Grindr dans l’unique but scientifique de mieux appréhender la sexualité des Lettons de tous âges jeunes Lettons.

Faire du sexe à Riga : Dans le cadre de tes recherches web, et malgré une investigation profonde, tu n’as pas trouvé de lieu officiellement gay à Riga. Tu as vu plein de très beaux garçons dans la rue et tu es allé sur Grindr pour faire une petite enquête sociologique. Tu en ressors avec les informations suivantes :
– Il faut aimer les Slaves : le Letton est peu métissé, très grand (la moyenne doit être de +/- 1.85), imberbe et en général sur-gaulé.
– Est-ce parce que l’homosexualité est réprimée ou parce que la ville est petite ? Les Lettons n’affichent pas spontanément de photo de leur visage et se contentent en général de dévoiler leur torse.
– Le Letton est polyglotte et à quelques exceptions près, tous les profils sont rédigés en au moins 3 langues (letton, anglais et russe), voire plus (surtout polonais et allemand) ; la Lettonie est fort pauvre et tu imagines que seuls les plus aisés peuvent se payer un ordiphone.
– Tu ne t’étais pas connecté à Grindr depuis 18 mois mais tu as trouvé qu’il n’y avait pas grand monde sur le réseau (tu voyais des mecs à 80 kilomètres)
– Le Letton recherchait fréquemment et sans scrupule des pratiques assez odieuses, à la limite du SM
– Tu n’es pas allé jusqu’au rendez-vous mais tu as ressenti quelques chatouillis dans le bas du ventre qui t’ont presque fait regretté tes engagements d’exclusivité sexuelle avec Solal.

Bref, si tu vas à Riga pour manger local, y’a de quoi se faire un festin… Tu as tenté de te connecté à Gayromeo mais ton profil a été désactivé. Comme tu n’avais pas que ça à faire et que Grindr t’avait donné de bons éléments de réponse, tu n’as pas poussé plus loin l’investigation.

Sortir de Riga : Le mariage de tes copains était célébré à Liepaja, à 200 kilomètres à l’Ouest de Riga, sur les côtes de la mer Baltique. Liepaja est desservie de Riga par deux trains hebdomadaires (très spartiate, du style de ce que devait être la troisième classe en France dans les années 1930) et une dizaine de bus par jour. De ton expérience limitée des transports lettons inter-urbains, il convient de privilégier le bus (moins cher que le train, plus confortable et ponctuel).

DSC01783

Il n’y a strictement aucune raison d’aller à Liepiaja quand on est un être normalement constitué. On peut tout de même y faire une étude sociologique assez poussée de ce que peut être une petite ville (30 000 habitants) d’un petit pays moisi pauvre qui a dû lutter pour sortir du joug communiste. Il y a un vieux tram délabré, des rues pavées défoncées et ravagées par la mousse, des maisons abandonnées et une jeunesse sale et désœuvrée. Un peu comme si la ville avait été envahie par les punks à chiens pleins de puces (les punks comme les chiens) à la vilaine peau, et habillés comme aux puces de 1958. Tu avais l’impression d’être dans un vieux James Bond. Le prochain de tes potes qui te fait la promotion du communisme à la mode XXIè siècle, tu l’envoies à Liepaja en train des années 30, ça devrait le calmer.

Bon. Sois honnête : le week-end où tu es à allé à Liepaja, il y avait une espèce de festival rock et techno sur la plage, ce qui t’a permis de mâter des minets et des bûcherons en tenue légère. Délicieux.

Pour rejoindre le centre de Riga de l’aéroport, tu as pris le taxi à l’aller (12 €) et comme tu avais le temps au retour, tu as pris le bus 222 depuis la gare routière (2 €).

DSC01779    DSC01816  DSC01808

Manger à Riga : Tes repas ont été composés essentiellement de protéines animales caloriques, épaisses et peu raffinées. Ça n’est rien de dire que l’alimentation lettone est riche ! Elle est généreusement arrosée de bières du monde entier et agrémentée de fruits en quantité.

Détail appréciable : il y a peu de Mac Do, de Starbucks et autres chaines internationales de bouffe mondialisée. On est bien en Lettonie et non pas « quelque part dans le monde ». C’est suffisamment rare pour que l’on apprécie à sa juste valeur cette petite signature authentique.

Rapporter des souvenirs de Riga : Ami lecteur, ne perds pas ton temps. L’artisanat local est rigolo mais ridicule. Tu peux commencer une collection de vases multicolores en verre, acheter des napperons mais ne t’encombre pas ! Comme tu es prévisible, tu as consolidé ta collection de badges communistes des années 50 et 60 (celle que tu avais commencée à Cracovie il y a deux ans).

En résumé, tes notes :
Dépaysement : 3/5
Accessibilité avion et rapport km/prix : 3/5
Rapport qualité prix : 3/5
Bouffe : 3/5 (et encore… parce que c’est pas cher…)
Intérêt : 2/5 ; si tu n’as rien de spécial à faire à Riga, tu peux facilement t’épargner un déplacement qui sera le plus souvent jugé bien superfétatoire.

Publicité