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Les errements d'un quadra' célib'
Actu | Amour | Perso | 21.11.2013 - 08 h 13 | 8 COMMENTAIRES
Désormais, plus personne ne se permettra de t’embêter

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Il y a quelques semaines, tu as rencontré Romain. Comme ça, il a l’air parfait. Gueule d’ange, sourire éclatant, Romain n’est sans doute pas ce genre de garçon à jurer ou à transpirer. Tu l’as rencontré par l’entremise de votre ami Baptiste, une relation commune. Bref, un jour, Baptiste a organisé un blind date déjeuner. Le courant était bien passé… tellement bien que vous ne vous souvenez ni l’un ni l’autre avoir parlé avec Baptiste qui se contentait de passer les plats et de contempler d’un air béat cette jolie rencontre.

S’en était suivie une promesse de dîner tous les deux la semaine suivante. Après quelques échanges de SMS, vous vous étiez mis d’accord sur une date pour ce dîner et c’est Romain qui avait choisi l’endroit. Un restaurant italien à son image : sobre, très joli, élégant et un peu snob. Quand Romain est arrivé, tu as été un peu ébloui. Tu ne l’avais vu qu’en tenue de week-end, en jeans et en baskets. Là, il sortait du bureau et portait un costard slim Boss, une chemise d’un blanc éclatant et une cravate fine. Ses chaussures étaient immaculées (alors qu’il pleuvait à verse) et son sourire toujours éclatant. Comme dirait Nathalie Kosciusko-Morizet, un véritable moment de grâce

Après trop de cocktails, des tapas délicieuses et trois desserts, Romain t’avait murmuré en te regardant dans les yeux « je n’ai pas du tout envie de rentrer chez moi ; on va prendre un verre ? » Vos pas vous avaient portés au Raid. Pour ceux qui ne connaissent pas le Raid, c’est un bar avec des  cabines de douche où des garçons surmusclés font des espèces de performances porno-scéniques sur des chorégraphies qui sont à la danse de ballet ce que Guillaume Musso est à la littérature.

Les clients regardaient Romain avec autant de bave aux lèvres que lorsqu’ils mataient les gogo boys. Romain réussissait l’exploit, du haut de son mètre 67, de regarder les gens de haut. Vous aviez commenté à haute voix nombre des disgrâces physiques des clients du Raid. Après une petite heure, Romain t’avait lancé un défi : « challenge : on parle à des moches ».

Vous aviez alors noué la conversation avec un Mexicain hideux (appelons-le Pepito) qui vous avait dit que vous étiez super mignons et demandé depuis combien de temps vous étiez en couple. Vous aviez tous deux ri à l’unisson :
(Pepito) « why are you laughing ? Don’t you like him ? »
(Romain) « I really like him, but we are not a couple. Not yet. I am sure it will be serious and I don’t want to go to fast with him »
(Pepito) « And what about you ? How could you resist to kiss him ? »
(toi) « Hombre, no besarle por la primera vez en un lugar tan sucio y vulgar : imagínate el discurso de nuestro matrimonio « nuestro primer beso fue en el « Raid ». Joder, la primera vez con él debe ser totalmente perfecta. ¿Crees que somos una pareja ? Te digo : este tío va a ser mi marido »

Romain t’avait dit qu’il ne comprenait pas l’espagnol et que ça n’était pas du jeu. Vous aviez continué à vous renifler le cul danser en vous frôlant et en vous regardant dans les yeux en souriant bêtement et vous êtes rentrés chacun de votre côté ivres-morts.

Trois jours plus tard, vous vous êtes retrouvés, avez déjeuné ensemble, beaucoup échangé, prolongé le déjeuner par une petite balade sur les quais et au moment de te dire « au revoir », Romain t’avait serré très fort dans ses bras. Il t’avait dit qu’il passait la semaine à Toulouse pour le boulot et qu’il espérait te voir le week-end suivant.

Samedi, il te proposait de le rejoindre chez des amis. « Viens pour le dessert, je pense qu’on ira danser ensuite ».

Tu as débarqué vers 23h chez des fiottes venimeuses gens que tu ne connaissais pas (ils étaient 7) et tu as dû répondre à un questionnaire nourri. Quand tu avais annoncé partir le lendemain pour 10 jours en Asie, l’un d’eux t’a rétorqué que « tu [allais] devoir annuler : Romain ne va pas pouvoir se passer de toi aussi longtemps ». Romain et toi aviez rougi comme deux collégiennes prises en faute. Tu as ensuite appris que tous ses copains appelaient Romain « slutty » (n’est-ce pas charmant ?) et vous êtes partis danser à la Docteur Love.

A peine arrivés, Romain t’avait entraîné au bar pour commander quelque chose à boire. Comble de malchance : il avait trouvé une petite place à côté de Clément, l’amour de ta vie. A chaque fois que tu sors dans un lieu gay, tu tombes sur Clément.
«  Romain, s’il te plait, pas là
– pourquoi ?
– le mec en turquoise, derrière. C’est mon ex et ça s’est pas très bien passé à la fin
– t’inquiète, je vais lui défoncer la gueule, il ne te posera plus de problème
– euh… on va plutôt se calmer et aller à l’autre bout du bar ».
Il avait accepté, non sans lancer un regard chargé d’électricité et de haine à Clément.

Pendant deux heures, vous aviez dansé les yeux dans les yeux. Le Club Haussmann était noir de monde et par deux ou trois fois, des garçons avaient bousculé Romain. Il a réagi violemment à chaque fois et hurlé « mec, tu me touches encore une fois et je te démonte ».  L’un de ses copains t’a alors expliqué que « Romain aime bien la castagne ».

Au bout d’une heure ou deux, vous aviez (enfin) échangé votre premier baiser. La postérité retiendra que c’était sur « That Power » de Justin Bieber et Will I am (l’espace d’un instant, tu as considéré ce titre comme la plus belle chanson du monde mais depuis, tu as dessoûlé).      

Une espèce d’éphèbe qui ne se rendait pas compte à qui il parlait a crânement demandé à Romain « tu ne trouves pas qu’il un peu trop vieux pour toi, ton mec ? ». Il a à peine eu le temps de terminer sa phrase que Romain le plaquait contre un poteau et lui mettait trois gnons dans la tête. Le minet était sonné. Tu t’es mis entre les deux :
(toi) « C’est bon Romain, arrête, il a compris »
(Romain) « non c’est pas fini. Je vais lui faire la peau »
(le minet) « putain, j’ai rien fait. T’es trop beau, je suis jaloux, c’est tout »
(Romain, les yeux injectés de sang) « dégage avant que je m’énerve, je vais te buter, petit con »
Un mec de la sécurité est arrivé, t’a demandé des explications. Tu as calmé le jeu et le minet s’est fait virer. Tu as demandé à Romain de se calmer et il t’a répondu « il t’a insulté. J’en ai rien à foutre de ton âge. Tu me plais. Je suis là désormais et plus jamais personne ne te fera de mal ». La soirée a continué.

Tu as alors recroisé Clément. Tu l’as prévenu que « [t]on mec [voulait lui] casser la gueule mais que [tu] ne le laisserai[s] pas faire. Mais s’il te plait, essaie de l’éviter, c’est pas un tendre »   

En tout cas, ce soir-là, tu t’es dit 1) que tu pensais avoir un mec, 2) qu’il n’était pas si parfait que ça parce que sous des allures lisses, se cache un vrai psychopathe genre Dexter Morgan. 3) que du haut de on mètre 67 et avec son tempérament hargneux, c’était plutôt une espèce de Joe Dalton. 4) que tu avais intérêt à ne pas lui faire de mal. Ça se retournerait contre toi…

Mais en fait, Romain n’a plus jamais été disponible. Ce mec, c’était juste ce qu’il convient d’appeler une allumeuse.

JOE

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