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Les errements d'un quadra' célib'
Amour | Perso | 29.11.2014 - 13 h 04 | 3 COMMENTAIRES
Bref, tu es dans la merde. Et grave…

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Un jour, (c’était le 11 octobre), tu as rencontré le mec parfait. (mais bon… c’est pas la première fois).

Avant de lire ce post, le lecteur de ton blog devra se souvenir comment tu as rencontré Solal (l’épisode 1 est ici) et comment votre plan cul s’est transformé en une espèce de relation (l’épisode 2, c’est par là). Ensuite, tu reviens ici. C’est fait ? Le récit de ce 11 octobre, et des semaines qui suivent, c’est parti :

Tu n’as jamais pris Solal au sérieux. Tu avais décidé au premier regard que tu ne pouvais pas avancer bien loin avec lui : on n’épouse pas un garçon de 17 ans son cadet, cocaïnomane, alcoolique, sans projet, sans structure. L’affaire était entendue : tu jouissais du moment présent avec lui mais cette histoire ne te mènerait nulle part.

Tu ne sais pas pourquoi, mais six semaines après votre rencontre, tu l’avais emmené à la soirée d’anniversaire de ton amie Barbara. Quand tu avais évoqué cette soirée à Solal, il t’avait répondu « oh la la, moi ? Avec tes amis ? On verra. ». Et puis ce vendredi soir, tu avais reçu un SMS juste avant 20 heures : « ça marche toujours, ta boum ? ». Oui, ça marchait toujours.

A la hâte, tu avais envoyé un SMS collectif aux convives de Barbara : « je viens avec le petit Solal. Soyez gentil avec lui : il est timide, et il ne connaitra personne ». Tu étais allé le chercher à son squat, avais débarqué à la soirée de Barbara avec lui, il avait rencontré nombre de tes amis et la soirée avait été réussie pour tous. Cette soirée, c’est de l’histoire ancienne :

Depuis un an, Solal a appris à connaitre tes amis et certains d’entre eux ont fait plus que l’adopter. Ça t’a fait tout bizarre, l’autre jour, de fêter à nouveau l’anniversaire de Barbara. ça faisait donc déjà un an que tu [… quel verbe choisir ?…] que tu… avec Solal ?

Tu n’avais pas attendu le dernier moment pour proposer à Solal de venir avec toi : Barbara et Solal sont « amis » sur Facebook depuis bien des mois et elle n’a pas besoin de ton entregent pour entrer en contact avec lui. Il avait quand même attendu que tu évoques cette soirée (que tu n’aurais manquée pour rien au monde) pour répondre à Barbara que oui, bien sûr, vous viendriez tous les deux.

Barbara a plusieurs cercles d’amis et tu n’avais pas vu certains convives présents depuis au moins six mois. Alors bien entendu, plusieurs se sont étonnés que « Solal et toi, vous êtes toujours ensemble ? C’est super ». Tu avais répondu du bout des lèvres, dans un soupir que « oui, il est adorable, mais bon… c’est quand même compliqué : trop jeune, sans repère… on ne va nulle part ensemble mais bon, je profite du moment présent ».

Valérie, qui craque sur lui et qui t’avait demandé un jour si « Solal n’avait pas un frère jumeau, mais hétéro » avait rétorqué un cinglant « c’est l’homme de ta vie et tu ne t’en rends même pas compte 
Val, arrête : c’est presque un enfant, il se défonce, il ne sait pas où il va. C’est pas le genre de mec avec qui on peut construire quelque chose
– Regarde le : il est beau, il a vachement progressé depuis un an et toi aussi. D’ailleurs Barb m’a dit l’autre jour que tu ne la saoulais plus avec ton Clément. C’est bien grâce à Solal, non ? »
Valérie avait raison. Solal était devenu ta bouée, ton repère. Tu ne pouvais pas le nier.

Comme d’habitude, ce soir-là, Solal s’était mal tenu. Après 15 ou 20 verres, il avait du mal à tenir debout, il parlait trop fort, avait des gestes de moins en moins assurés, n’arrivait plus à articuler et lorsqu’à cinq heures du matin, la musique avait cessé, Solal avait titubé jusqu’à la sortie et serait tombé s’il ne s’était pas accroché à toi. C’est d’ailleurs accroché à toi qu’il a fait tout le chemin vers ce qu’il convient d’appeler désormais votre domicile conjugal.

Lors de ce petit matin blême, tu as sermonné Solal et lui as expliqué que tu ne supportais plus son comportement. Tu n’as pas dormi de la nuit et tu t’es dit « je perds mon temps ». Il est vrai qu’à désormais 45 ans, tu n’as plus beaucoup de temps pour trouver l’âme sœur. Non ?

En plus, ton ami Baptiste s’est mis dans l’idée de te faire rencontrer l’homme idéal et il t’a mis dans les pattes un dénommé Fabrice.

Fabrice a 39 ans (autant dire que vous avez le même âge, on ne va pas chipoter), il mesure un petit mètre 64 (comme tu aimes regarder les garçons de haut, ça te va très bien), il n’a pas un poil et à ses heures perdues, il se fait pousser les pecs. Du coup, il est très agréable à tâter. Un rencard arrangé par Baptiste, quelques verres, un deuxième rendez-vous (plus spontané celui-ci…) où vous avez échangé votre premier baiser (à ton corps défendant, c’est lui qui t’a sauté dessus), un troisième où sentant Fabrice frissonner quand tu lui tâtais le cul sous une porte cochère, tu lui avais glissé à l’oreille un très élégant « rassure-moi, tu es passif ? », question à laquelle il avait répondu par un non moins élégant : « graaaaave ». Tu savais qu’au rendez-vous suivant, il allait prendre cher vous feriez l’amour avec passion.

Au quatrième rencard, après dîner (et donc : avant l’acte), tu as été pris de remords anticipé (définition de remords : reproche que fait la conscience, regret douloureux d’une faute, d’un crime). En faisant l’amour avec Fabrice, que tu désirais ardemment, tu allais tromper à la fois Solal et Fabrice. Tu as des principes : tromper, c’est mal. Mais ce qui te troublait, c’est que tu avais davantage mauvaise conscience de tromper Fabrice que de tromper Solal. Vous étiez devant le portail de ton immeuble :

« Fab, avant qu’il ne soit trop tard, il faut que je te dise quelque chose.
– Ouh la, tu me fais peur. Accouche parce que je n’ai pas envie de jouer aux devinettes.
– Je ne suis pas complètement célib : j’ai une espèce d’intérimaire depuis quelques mois. Sans doute rien de très sérieux mais je ne suis pas complètement disponible.
– mais ce soir, tu es disponible pour moi ?
– toute la nuit
– j’ai très envie de toi. On monte ? ».

Vous aviez mis quelques minutes à comprendre comment vous emboiter, mais le premier coït a été au-delà de tes espérances les plus déraisonnables. Vous avez fait l’amour avec passion. Plusieurs fois. Et c’était parfait. Vous avez passé la nuit dans les bras l’un de l’autre, tu étais au septième ciel. Le lendemain, tu es arrivée au bureau avec des étoiles dans les yeux (et des douleurs aux cuisses). A midi, tu faisais un SMS à Fabrice « on déjeune ensemble ? ». Il n’avait pas osé de te demander. Vous aviez déjeuné ensemble, passé la soirée et même tout le week-end suivant ensemble.

Bref, tu es dans la merde, un peu comme dans la vidéo avec le petit chauve barbu qui te ressemble…

 

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