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Les errements d'un quadra' célib'
Perso | Voyages | 11.08.2015 - 21 h 18 | 0 COMMENTAIRES
En week-end en Lettonie

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Dans le cadre de tes activités professionnelles, tu voyages beaucoup ! Mais ton petit punk et toi adorez dormir ensemble, alors tu limites tes escapades européennes au strict nécessaire professionnel pour pouvoir lui mettre des races le câliner le plus possible. Parfois, tout de même, le devoir ou l’amitié t’appelle. Ainsi, le mois dernier, tu es allé en Lettonie.

Alors…  la Lettonie… Là, le lecteur se gratte la tête « ça me dit quelque chose ». Oui, mais quoi ?DSC01747       DSC01825

La Lettonie est l’un des 3 pays baltes, celui du milieu (en bon bayrouiste, tu te devais de commencer par celui-ci). On récapitule ?
– Lituanie, Vilnius
– Estonie, Tallinn
– Lettonie : Riga. (mais pas que… on verra ça par la suite)

Pourquoi la Lettonie ? Il se trouve que dans la cadre de tes activités professionnelles, tu es en relation avec un hôtelier qui exploite un petit lodge au fin-fond de l’Afrique. Ce garçon est Italo-Allemand (ou Germano-Italien), parle un français bizarre (qu’il a appris sur le tas dans les docks de Hambourg grâce à des Sénégalais à gros-bras) mâtiné de toutes les langues européennes, qu’il est tombé amoureux d’une Lettone (qui elle aussi travaille dans les profondeurs africaines) et qu’ils t’ont invité à leur mariage (en Lettonie, donc).

Comme tu ne recules devant rien (et surtout pas devant l’inconnu) et qu’en plus, tu les aimes beaucoup, tu as écouté ton instinct et tu as sauté dans le premier avion pour Riga.

Comment aller à Riga ? Pour aller à Riga, tu n’as quand même pas pris le premier avion  parce que la première solution proposée par les comparateurs, c’est Wizzair au départ de Beauvais. Et ça, c’est pas possible… parce que 1) Tu ne vas pas à Beauvais parce que la Picardie est une terre hostile, 2) Tu ne peux pas te résoudre à emprunter les vols d’une compagnie aérienne low-cost au logo à dominante rose « originaire de Hongrie et de Pologne » même si elle dessert plus de 100 destinations à partir de 16 bases. Wizzair a 2 vols par semaine entre Beauvais et Riga mais tu ne prends pas cette chose.

Tu as découvert l’existence de la compagnie Air Baltic. Air Baltic dessert plus de 50 destinations en Europe (dont Paris & Nice) au départ de Riga et 8 (dont Paris) au départ de Vilnius, la capitale de la Lituanie.
Au départ de Paris CDG2D, Air Baltic propose 2 vols par jour (oui, par jour !) en partage de code avec Air France et en Boeing 737. Pas de bagage ni de bouffe dans le prix du billet mais le service est acceptable, pour 150 à 250 € aller-retour.

Au départ des régions, on peut voyager avec Lufthansa via l’Allemagne ou avec Brussels Airlines au via Bruxelles.

Quand aller à Riga ? Il faut quand même une bonne raison pour aller à Riga ; gageons qu’on n’y va pas sur un coup de tête. Le climat est horrible froid : très rigoureux l’hiver, et juste froid (et souvent pluvieux) l’été. Toi, tu y es allé début juillet ; le thermomètre frôlait les 40° à Paris et n’a jamais percé au-delà de 20° quand tu y es allé. On veillera donc à se munir d’une petite laine (voire une grosse).

Découvrir Riga : On peut se déplacer à pied dans Riga pour découvrir quelques joyaux arts-déco et attractions au goût plus ou moins douteux. Retenons
– la maison des têtes noires, le symbole de la ville de type « renaissance flamande »,
– les Eglises Saint Jean et Saint Pierre, voisines, et de style gothique,
– le Château de Riga, d’un jaune vif assez dégueu,
– le KIF, un petit musée d’art contemporain, pas si inintéressant que ça (mais de la à kiffer, n’exagérons rien),
– le monument de la liberté, une espèce de colonne de 42 mètres de haut, coiffée de 3 étoiles grotesques, le symbole, du mouvement indépendantiste  des années 80. Tellement laid qu’on en regretterait l’URSS,
– la cathédrale byzantine absolument surchargée de dorures,
– le marché central, où tu peux te gaver de fruits pour trois sous.

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Riga by night : Tu as passé ton unique soirée à Riga au Coco Loco (c’est marrant : tu penses avoir traîné tes baskets dans une dizaine de Coco Loco dans le monde). Le Coco Loco de Riga est un bar sympa avec terrasse, à l’excellent accueil et aux prix raisonnables. Il y a du wifi (gratuit) au Coco Loco, ce qui t’a permis de te connecter à Grindr dans l’unique but scientifique de mieux appréhender la sexualité des Lettons de tous âges jeunes Lettons.

Faire du sexe à Riga : Dans le cadre de tes recherches web, et malgré une investigation profonde, tu n’as pas trouvé de lieu officiellement gay à Riga. Tu as vu plein de très beaux garçons dans la rue et tu es allé sur Grindr pour faire une petite enquête sociologique. Tu en ressors avec les informations suivantes :
– Il faut aimer les Slaves : le Letton est peu métissé, très grand (la moyenne doit être de +/- 1.85), imberbe et en général sur-gaulé.
– Est-ce parce que l’homosexualité est réprimée ou parce que la ville est petite ? Les Lettons n’affichent pas spontanément de photo de leur visage et se contentent en général de dévoiler leur torse.
– Le Letton est polyglotte et à quelques exceptions près, tous les profils sont rédigés en au moins 3 langues (letton, anglais et russe), voire plus (surtout polonais et allemand) ; la Lettonie est fort pauvre et tu imagines que seuls les plus aisés peuvent se payer un ordiphone.
– Tu ne t’étais pas connecté à Grindr depuis 18 mois mais tu as trouvé qu’il n’y avait pas grand monde sur le réseau (tu voyais des mecs à 80 kilomètres)
– Le Letton recherchait fréquemment et sans scrupule des pratiques assez odieuses, à la limite du SM
– Tu n’es pas allé jusqu’au rendez-vous mais tu as ressenti quelques chatouillis dans le bas du ventre qui t’ont presque fait regretté tes engagements d’exclusivité sexuelle avec Solal.

Bref, si tu vas à Riga pour manger local, y’a de quoi se faire un festin… Tu as tenté de te connecté à Gayromeo mais ton profil a été désactivé. Comme tu n’avais pas que ça à faire et que Grindr t’avait donné de bons éléments de réponse, tu n’as pas poussé plus loin l’investigation.

Sortir de Riga : Le mariage de tes copains était célébré à Liepaja, à 200 kilomètres à l’Ouest de Riga, sur les côtes de la mer Baltique. Liepaja est desservie de Riga par deux trains hebdomadaires (très spartiate, du style de ce que devait être la troisième classe en France dans les années 1930) et une dizaine de bus par jour. De ton expérience limitée des transports lettons inter-urbains, il convient de privilégier le bus (moins cher que le train, plus confortable et ponctuel).

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Il n’y a strictement aucune raison d’aller à Liepiaja quand on est un être normalement constitué. On peut tout de même y faire une étude sociologique assez poussée de ce que peut être une petite ville (30 000 habitants) d’un petit pays moisi pauvre qui a dû lutter pour sortir du joug communiste. Il y a un vieux tram délabré, des rues pavées défoncées et ravagées par la mousse, des maisons abandonnées et une jeunesse sale et désœuvrée. Un peu comme si la ville avait été envahie par les punks à chiens pleins de puces (les punks comme les chiens) à la vilaine peau, et habillés comme aux puces de 1958. Tu avais l’impression d’être dans un vieux James Bond. Le prochain de tes potes qui te fait la promotion du communisme à la mode XXIè siècle, tu l’envoies à Liepaja en train des années 30, ça devrait le calmer.

Bon. Sois honnête : le week-end où tu es à allé à Liepaja, il y avait une espèce de festival rock et techno sur la plage, ce qui t’a permis de mâter des minets et des bûcherons en tenue légère. Délicieux.

Pour rejoindre le centre de Riga de l’aéroport, tu as pris le taxi à l’aller (12 €) et comme tu avais le temps au retour, tu as pris le bus 222 depuis la gare routière (2 €).

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Manger à Riga : Tes repas ont été composés essentiellement de protéines animales caloriques, épaisses et peu raffinées. Ça n’est rien de dire que l’alimentation lettone est riche ! Elle est généreusement arrosée de bières du monde entier et agrémentée de fruits en quantité.

Détail appréciable : il y a peu de Mac Do, de Starbucks et autres chaines internationales de bouffe mondialisée. On est bien en Lettonie et non pas « quelque part dans le monde ». C’est suffisamment rare pour que l’on apprécie à sa juste valeur cette petite signature authentique.

Rapporter des souvenirs de Riga : Ami lecteur, ne perds pas ton temps. L’artisanat local est rigolo mais ridicule. Tu peux commencer une collection de vases multicolores en verre, acheter des napperons mais ne t’encombre pas ! Comme tu es prévisible, tu as consolidé ta collection de badges communistes des années 50 et 60 (celle que tu avais commencée à Cracovie il y a deux ans).

En résumé, tes notes :
Dépaysement : 3/5
Accessibilité avion et rapport km/prix : 3/5
Rapport qualité prix : 3/5
Bouffe : 3/5 (et encore… parce que c’est pas cher…)
Intérêt : 2/5 ; si tu n’as rien de spécial à faire à Riga, tu peux facilement t’épargner un déplacement qui sera le plus souvent jugé bien superfétatoire.

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