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40etdespoussieres
Les errements d'un quadra' célib'
Non classé | 03.01.2015 - 16 h 59 | 4 COMMENTAIRES
L’heure du choix

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Quand tu as eu 40 ans, tu as su que c’était fini : tu n’avais plus aucune chance d’être en couple. Ta quête était vaine depuis tant d’années et à ton âge, quand on a laissé passer la date limite de fraîcheur, c’est définitivement trop tard. Sans doute les vilaines fées qui s’étaient penchées sur ton berceau avaient choisi de te programmer célibataire-à-vie. A réflexion, c’était peut-être mieux ainsi : tu profitais d’une totale liberté et tu laissais exprimer tes envies de sexe avec de nombreux amants !

Quand tu as rencontré Clément, ton grand amour, tu avais repris confiance en toi. Ne nous étendons pas sur ce sujet. Ton amour pour Clément est ton cancer, ce truc que tu as en toi et qui ne passera jamais même si à certaines périodes de ta vie, tu te sens en rémission.

Depuis 18 mois, tu vis une espèce de truc indéfinissable avec Solal. Mais le 11 octobre dernier, tu as rencontré l’homme idéal.

La vie est bizarrement faite : tu avais fini à accepter le fait que tu n’étais pas programmé pour être heureux à deux, épanoui en couple ou satisfait de ta condition. Tu savais que Clément t’a arraché le cœur, qu’il l’avait tordu, piétiné et broyé, que tu devais vivre sans cet organe que d’aucun croit vital.

On peut vivre sans amour. Tu avais fini par l’accepter.

Et puis tu as rencontré Fabrice. La vie est bizarre. Tu ne l’attendais plus. Le problème (il y a toujours un problème…), c’est que depuis quelques mois, tu t’étais laissé envahir par Solal. Solal vivait chez toi, partageait ton quotidien, tes soirées, tes nuits et une grande partie de ton temps libre.

Certes, Solal, trop jeune, trop fou, alcoolique et drogué ne pouvait pas être l’homme de ta vie. Il occupait quand même le terrain et tu devais bien reconnaître que sa présence ne te déplaisait pas.

Tu l’as quand même envoyé aller voir ailleurs si tu y étais quand tu as rencontré Fabrice. En vrai sultan, tu as géré ton emploi du temps pour honorer ton harem (ne sois pas trop prétentieux : ton harem n’était composé que de deux hommes ; certains ont un planning plus exigent)

Pendant un mois, tu as jonglé entre Fabrice et Solal comme tu le pouvais, tu changeais tes draps tous les deux jours pour qu’ils ne puissent pas sentir l’odeur de l’autre, et tu as fait beaucoup de lessives (elles contenaient une proportion démesurée de serviettes de toilettes).

Tu as réussi à faire croire à Solal que tu avais « rencontré quelqu’un qui te troublait » et que tu « dev[ais] être seul pour faire le point sur [t]es envies ». Tu es parvenu à convaincre Fabrice que Solal n’était qu’un intérimaire et que tu n’étais pas plus engagé que cela avec lui (la preuve : Fabrice passait bien des nuits chez toi et si tu n’étais pas toujours disponible, c’est que ton job t’accaparait vraiment).

Tu avais quelque mauvaise conscience à tromper les deux mais tu n’allais pas lâcher la proie pour l’ombre (pas folle, la guêpe) : il fallait que tu testes tes sentiments, tes envies, et que tu fasses davantage connaissance avec Fabrice.

Et puis, un samedi, le drame a bien failli se passer.

Il était convenu que Solal sorte ce soir-là avec son amie Mathilde. Ils iraient voir un concert post-punk ensemble, il dormirait chez elle et tous deux te rejoindraient chez toi pour bruncher le dimanche vers 11 heures. Tu avais passé la journée avec Fabrice et il était convenu qu’il dormirait chez toi « à condition de partir à 8h du mat’ ». Tu avais prétexté une obligation familiale à Versailles en hommage à ton défunt grand-père (c’était le week-end de la Toussaint, et c’était très crédible ; en tout cas, Fabrice avait tout gobé). Le laps de temps entre 8 et 11 était largement suffisant pour aérer, changer les draps, faire une lessive, et gommer tout signe d’adultère.

La journée avec Fabrice avait été parfaite entre brunch gourmand, sieste crapouilleuse, balade romantique et dîner fin. Sans doute avais-tu trop mangé car au dessert, tu avais souffert de maux de ventre (tu les avais affrontés avec dignité et courage).

En rentrant chez toi vers minuit, en proie à des douleurs vives, tu t’étais tout de même ému auprès de Fabrice de tes souffrances :
«  je ne sais pas ce que j’ai mais je ne me sens pas bien.
– je ne te l’avais pas dit mais depuis le dessert, je te trouve bien pâle. Qu’est-ce qui t’arrive ?
– des sueurs froides, j’ai mal au bide et là, je n’arrive presque plus à marcher ».
Tu avais peur de passer une mauvaise nuit. Vous aviez convenu qu’il était plus raisonnable (comme tu vieillis pour employer ces mots…) que Fabrice rentre chez lui et que vous ne passiez pas la nuit ensemble.

Tu étais rentré chez toi, avais vomi (non, tu n’es pas toujours le garçon glamour que tout le monde connait), pris un bain brûlant, et t’étais couché en jogging avec des grosses chaussettes (la quintessence de la sexy-attitude).

A 5 heures tu matin, on tambourinait à la porte : Solal avait fait une crise d’angoisse (ou une mauvaise descente de MDMA, l’histoire ne le dit pas), s’était réveillé en tremblant et pris de panique, avait sauté sur un Vélib pour se lover dans tes bras.

Tu as remercié le destin de t’avoir infligé des troubles intestinaux. Si tu ne t’étais pas senti mal à minuit, tu n’aurais pas prié Fabrice de rentrer chez lui et la confrontation entre Solal et Fabrice au petit jour aurait été bien cruelle. Comme dans un cauchemar, tu imaginais Solal te demander si vraiment, c’était pour passer du temps seul à réfléchir que tu l’avais éconduit… et Fabrice s’étonner du fait que cet intérimaire sur-réagissait de façon très disproportionnée puisque ton espèce de relation avec lui était si légère.

Bref, tu as frôlé la catastrophe.

Tu t’es donc donné 10 jours pour prendre une décision. Tu as retourné ton cerveau en tous sens. Et puis tu as choisi : il a fallu que tu rencontres Fabrice, l’homme parfait pour te rendre compte que finalement, tu étais heureux avec Solal, qui était si imparfait.

Penaud, tu as demandé audience à Fabrice et as commencé à lui expliquer que…
« tu sais, après mon histoire avec Clément il y a deux ans et demi, je croyais que je ne rencontrerais  jamais quelqu’un avec qui je pouvais envisager de former un couple.
– et… ?
– et je t’ai rencontré
– et… ?
– je t’ai dit que je n’étais pas complètement prêt, que Clément m’entêtait, que j’avais mon intérimaire, mais tu n’es pas loin de représenter pour moi l’homme idéal.
– mais ? »

Fabrice avait tout compris : il y avait un « mais ». Tu ne savais pas comment aborder le sujet mais Fabrice t’avait mis sur la voie : Fabrice était parfait mais Solal était dingue de toi et tu ne voulais pas le faire souffrir ; Solal avait de gros défauts mais tu avais des sentiments pour lui ; Solal était trop jeune, alcoolique et drogué mais adorable. Tu étais conscient de ces embûches mais tu ne te sentais pas capable de laisser Solal sur le bord de la route. Fabrice était un mec bien (et même très bien) mais vous alliez cesser de vous fréquenter.

Fabrice a eu le souffle coupé mais il a accepté la défaite. Vous avez discuté encore une petite heure. Ses yeux s’étaient mouillés mais au moment de repartir chacun de votre côté, il t’avait souhaité bonne chance « avec Solal ou sans lui » pour ton avenir.

Fabrice était décidemment un mec bien. Tu savais que tu risquais de le regretter mais tu avais fait un choix. Et il n’était pas question de revenir dessus. Alors voilà : tu as accepté d’être en couple avec Solal et de ne plus risquer de te brûler à jouer avec le feu.

Fabrice était une victime collatérale de ce choix. Désormais, tu es vraiment en couple avec Solal. Tu as décidé de l’accepter.

Amour | Perso | 29.11.2014 - 13 h 04 | 3 COMMENTAIRES
Bref, tu es dans la merde. Et grave…

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Un jour, (c’était le 11 octobre), tu as rencontré le mec parfait. (mais bon… c’est pas la première fois).

Avant de lire ce post, le lecteur de ton blog devra se souvenir comment tu as rencontré Solal (l’épisode 1 est ici) et comment votre plan cul s’est transformé en une espèce de relation (l’épisode 2, c’est par là). Ensuite, tu reviens ici. C’est fait ? Le récit de ce 11 octobre, et des semaines qui suivent, c’est parti :

Tu n’as jamais pris Solal au sérieux. Tu avais décidé au premier regard que tu ne pouvais pas avancer bien loin avec lui : on n’épouse pas un garçon de 17 ans son cadet, cocaïnomane, alcoolique, sans projet, sans structure. L’affaire était entendue : tu jouissais du moment présent avec lui mais cette histoire ne te mènerait nulle part.

Tu ne sais pas pourquoi, mais six semaines après votre rencontre, tu l’avais emmené à la soirée d’anniversaire de ton amie Barbara. Quand tu avais évoqué cette soirée à Solal, il t’avait répondu « oh la la, moi ? Avec tes amis ? On verra. ». Et puis ce vendredi soir, tu avais reçu un SMS juste avant 20 heures : « ça marche toujours, ta boum ? ». Oui, ça marchait toujours.

A la hâte, tu avais envoyé un SMS collectif aux convives de Barbara : « je viens avec le petit Solal. Soyez gentil avec lui : il est timide, et il ne connaitra personne ». Tu étais allé le chercher à son squat, avais débarqué à la soirée de Barbara avec lui, il avait rencontré nombre de tes amis et la soirée avait été réussie pour tous. Cette soirée, c’est de l’histoire ancienne :

Depuis un an, Solal a appris à connaitre tes amis et certains d’entre eux ont fait plus que l’adopter. Ça t’a fait tout bizarre, l’autre jour, de fêter à nouveau l’anniversaire de Barbara. ça faisait donc déjà un an que tu [… quel verbe choisir ?…] que tu… avec Solal ?

Tu n’avais pas attendu le dernier moment pour proposer à Solal de venir avec toi : Barbara et Solal sont « amis » sur Facebook depuis bien des mois et elle n’a pas besoin de ton entregent pour entrer en contact avec lui. Il avait quand même attendu que tu évoques cette soirée (que tu n’aurais manquée pour rien au monde) pour répondre à Barbara que oui, bien sûr, vous viendriez tous les deux.

Barbara a plusieurs cercles d’amis et tu n’avais pas vu certains convives présents depuis au moins six mois. Alors bien entendu, plusieurs se sont étonnés que « Solal et toi, vous êtes toujours ensemble ? C’est super ». Tu avais répondu du bout des lèvres, dans un soupir que « oui, il est adorable, mais bon… c’est quand même compliqué : trop jeune, sans repère… on ne va nulle part ensemble mais bon, je profite du moment présent ».

Valérie, qui craque sur lui et qui t’avait demandé un jour si « Solal n’avait pas un frère jumeau, mais hétéro » avait rétorqué un cinglant « c’est l’homme de ta vie et tu ne t’en rends même pas compte 
Val, arrête : c’est presque un enfant, il se défonce, il ne sait pas où il va. C’est pas le genre de mec avec qui on peut construire quelque chose
– Regarde le : il est beau, il a vachement progressé depuis un an et toi aussi. D’ailleurs Barb m’a dit l’autre jour que tu ne la saoulais plus avec ton Clément. C’est bien grâce à Solal, non ? »
Valérie avait raison. Solal était devenu ta bouée, ton repère. Tu ne pouvais pas le nier.

Comme d’habitude, ce soir-là, Solal s’était mal tenu. Après 15 ou 20 verres, il avait du mal à tenir debout, il parlait trop fort, avait des gestes de moins en moins assurés, n’arrivait plus à articuler et lorsqu’à cinq heures du matin, la musique avait cessé, Solal avait titubé jusqu’à la sortie et serait tombé s’il ne s’était pas accroché à toi. C’est d’ailleurs accroché à toi qu’il a fait tout le chemin vers ce qu’il convient d’appeler désormais votre domicile conjugal.

Lors de ce petit matin blême, tu as sermonné Solal et lui as expliqué que tu ne supportais plus son comportement. Tu n’as pas dormi de la nuit et tu t’es dit « je perds mon temps ». Il est vrai qu’à désormais 45 ans, tu n’as plus beaucoup de temps pour trouver l’âme sœur. Non ?

En plus, ton ami Baptiste s’est mis dans l’idée de te faire rencontrer l’homme idéal et il t’a mis dans les pattes un dénommé Fabrice.

Fabrice a 39 ans (autant dire que vous avez le même âge, on ne va pas chipoter), il mesure un petit mètre 64 (comme tu aimes regarder les garçons de haut, ça te va très bien), il n’a pas un poil et à ses heures perdues, il se fait pousser les pecs. Du coup, il est très agréable à tâter. Un rencard arrangé par Baptiste, quelques verres, un deuxième rendez-vous (plus spontané celui-ci…) où vous avez échangé votre premier baiser (à ton corps défendant, c’est lui qui t’a sauté dessus), un troisième où sentant Fabrice frissonner quand tu lui tâtais le cul sous une porte cochère, tu lui avais glissé à l’oreille un très élégant « rassure-moi, tu es passif ? », question à laquelle il avait répondu par un non moins élégant : « graaaaave ». Tu savais qu’au rendez-vous suivant, il allait prendre cher vous feriez l’amour avec passion.

Au quatrième rencard, après dîner (et donc : avant l’acte), tu as été pris de remords anticipé (définition de remords : reproche que fait la conscience, regret douloureux d’une faute, d’un crime). En faisant l’amour avec Fabrice, que tu désirais ardemment, tu allais tromper à la fois Solal et Fabrice. Tu as des principes : tromper, c’est mal. Mais ce qui te troublait, c’est que tu avais davantage mauvaise conscience de tromper Fabrice que de tromper Solal. Vous étiez devant le portail de ton immeuble :

« Fab, avant qu’il ne soit trop tard, il faut que je te dise quelque chose.
– Ouh la, tu me fais peur. Accouche parce que je n’ai pas envie de jouer aux devinettes.
– Je ne suis pas complètement célib : j’ai une espèce d’intérimaire depuis quelques mois. Sans doute rien de très sérieux mais je ne suis pas complètement disponible.
– mais ce soir, tu es disponible pour moi ?
– toute la nuit
– j’ai très envie de toi. On monte ? ».

Vous aviez mis quelques minutes à comprendre comment vous emboiter, mais le premier coït a été au-delà de tes espérances les plus déraisonnables. Vous avez fait l’amour avec passion. Plusieurs fois. Et c’était parfait. Vous avez passé la nuit dans les bras l’un de l’autre, tu étais au septième ciel. Le lendemain, tu es arrivée au bureau avec des étoiles dans les yeux (et des douleurs aux cuisses). A midi, tu faisais un SMS à Fabrice « on déjeune ensemble ? ». Il n’avait pas osé de te demander. Vous aviez déjeuné ensemble, passé la soirée et même tout le week-end suivant ensemble.

Bref, tu es dans la merde, un peu comme dans la vidéo avec le petit chauve barbu qui te ressemble…

 

Amour | sexe | 20.10.2013 - 20 h 56 | 0 COMMENTAIRES
Ce genre de garçons avec lesquels tu ne pourras pas faire grand-chose

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Rappel : les photos et captures d’écran s’afficheront en plein écran si tu cliques dessus.  

Hier soir, l’un de tes copains t’a demandé : « dis-donc, ça fait combien de temps que tu sors avec Solal ? ». Tu as commencé à te défendre : tu ne sors pas avec Solal. Ne nous attardons pas sur la sémantique : tu la mémoire des dates et tu dois bien reconnaître que ça fait 2 mois que vous ne vous quittez pas. Deux mois et 3 jours ajouteraient les puristes. Et pourtant, au premier coup d’œil, tu l’avais classé dans les garçons infréquentables.  

Résumé des épisodes précédents : on était le 15 août, tu venais de te faire plaquer par Pascal et tu étais un peu triste. Avec Eric (que tu connaissais depuis quelques semaines), vous vous renifliez sérieusement le cul mais il y avait quelque chose qui te gênait chez lui (que tu n’arrivais pas à définir). Ce soir-là, tu te sentais seul et tu avais envie de niquer.

Tu avais branché Grindr et chatté quelques minutes avec Solal.

Solal venait d’avoir 27 ans. Il est donc du fameux millésime 1986, comme bien des garçons qui t’ont fait craquer. Ça commençait bien. Pas plus haut que toi, mince et imberbe. Et exclusivement passif. Tout ça se présentait sous les meilleurs auspices. Echanges de photos, description des goûts sexuels, la routine.

Il était plus de minuit et on était en semaine. Il fallait faire vite si tu voulais concrétiser. Tu lui as proposé de venir chez toi.
« ch’suis un peu naze. Je prends une douche et je te dis dans 5 /10 minutes comment je me sens ».

Tu t’étais dit que ce garçon avait une hygiène rigoureuse et que c’était bien. Comme tu es un peu vulgaire, tu lui as écris « ne prends pas de douche trop chaude : ça ramollit ». Cinq minutes plus tard, Solal te rassurait : il n’était pas ramolli du tout.

Tu lui as donné ton adresse et ton code et quelques minutes plus tard à peine, à quatre pattes, Solal gémissait sous tes assauts. Il y a des garçons avec qui ça marche parfaitement bien : les désirs sont partagés, les goûts complémentaires et les corps s’emboîtent parfaitement.

Fatigué par ta journée et par l’effort, tu t’étais endormi quelques minutes après le coït.

Quelques heures plus tard, tu t’es réveillé en sursaut. Tu étais allongé sur le dos (alors que tu dors toujours sur le ventre) et Solal, lové dans tes bras, faisait la pieuvre sur ton corps comme s’il voulait que ta peau soit entièrement collée à la sienne. Tu avais été attendri.

Au milieu de la nuit, Solal s’était lui aussi réveillé. De quelques caresses, il avait raffermi ton désir pour lui et vous vous étiez à nouveau parfaitement emboîtés. Vous vous étiez rendormis l’un contre l’autre.

Réveillés par la lumière du petit jour, Solal t’avait souri, grogné un « bonjour » endormi, et avait une fois de plus sollicité ta virilité. Vous n’aviez plus beaucoup de temps avant d’aller travailler. Tu avais préparé un petit déjeuner rapide pendant que Solal prenait une douche ; il avait débarrassé la vaisselle pendant que tu prenais la tienne (de douche, pas de vaisselle). Vous étiez partis rejoindre vos collègues et clients respectifs de fort bonne humeur.

Il t’a envoyé un SMS le soir-même « j’ai grave envie de toi. Je peux venir ? ». Tu lui as demandé de t’accorder une petite heure, le temps de terminer ton dîner avec des amis. Le dessert avalé, l’addition payée, tu l’informais : « je serai chez moi dans 15 mn max ». Il est arrivé 5 minutes après toi. Vous vous êtes couverts de baisers, avez fait l’amour avec passion et il s’est à nouveau endormi dans tes bras. Il s’est comme la veille réveillé dans la nuit pour la deuxième séance et ne t’as pas laissé te lever sans avoir la troisième couche.

Tu aimes le contact du corps de Solal. Sa peau est tendre et il n’a pas un poil. Solal est le mec le plus câlin du monde, ses lèvres sont souples et (sois honnête), tu es fou de son cul, qui semble ne pas avoir de fond. Ce matin-là, Solal a « oublié sa brosse à dents ». Tu le lui as fait remarquer le lendemain. Deux mois après, elle est toujours dans ta salle de bains.

Solal a de long cheveux bouclés, un sourire d’ange et des yeux qui pétillent. Il ressemble au berger des fruits de la publicité Andros.

Andros

Solal est complètement immature, vit comme un étudiant, partage un squatt sans porte avec 3 filles de 23 à 26 ans qui se font exploiter dans des stages sous-payés travaillent toutes plus ou moins dans la mode.  Il a fait les Beaux-Arts et exerce un job alimentaire dans une boutique de fringues d’une marque assez dégueu’ où il prodigue un vrai conseil à des vieilles peaux de ton âge clientes friquées et sans goût. (traduction : il vend à prix d’or des chiffons sans forme). 

Solal assume son look décalé et ses bras recouverts de tatouages improbables. Il parle comme un charretier et se définit lui-même comme un rebelle (des bacs à sable).

Solal ne se nourrit pas : il prend l’apéro.
Solal n’a jamais eu de petit ami. Il parle de toi comme « l’homme qu’[il] fréquente »,
Solal sait qu’il est alcoolique et a déjà eu des problèmes avec la police pour petit trafic de stupéfiants. Il «n’[a] pas arrêté malgré les demandes de [s]es amis alors [il] ne le fer[a] pas pour un homme »,
Solal écoute du trashpunk (tu ne savais même pas que ça existait) et tu dois reconnaître que tu fais des concessions : depuis qu’il traîne sans arrêt chez toi, tu n’écoutes plus d’électro boufta boufta de pédé et ta chaîne est réglée sur ouï-FM. (si faire des concessions pour quelqu’un, c’est un peu être en couple avec lui, alors tu devrais te poser des questions).

Tu dois bien reconnaître que depuis deux mois, Solal habite chez toi puisqu’il ne passe chez lui qu’une heure chaque soir pour prendre une douche et des affaires propres pour le lendemain.

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Petit à petit, il t’envahit : il oublie des vêtements comme il a oublié sa brosse à dents (tu les laves…), t’envoie plusieurs SMS par jour (souvent à caractère pornographique), te propose de « [l]e rejoindre pour l’apéro » où il te présente ses amis qui font semblant de ne pas se rendre compte que tu as 20 ans de plus qu’eux.

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Rien de tout cela ne te pose vraiment de problème.

L’autre jour, son ami d’enfance t’a dit entre deux portes que Solal a « du mal à exprimer ses sentiments mais tu sais, il te surkiffe ». Tu as répondu dans un sourire à ce garçon que tu pensais l’avoir remarqué…

Tu ne peux pas être en couple avec un cocaïnomane alcoolique de 27 ans qui va se défoncer le cerveau et les tympans à des concerts de trashpunk. Tu ne peux pas avoir beaucoup de loisirs communs avec un garçon dont les 2 jours de repos hebdomadaires sont le jeudi et le vendredi.

Mais tous les matins, quand tu te réveilles, tu es heureux en voyant cette espèce d’ange collé contre ton corps comme un nauvragé s’attache à un radeau. Tu n’as pas couché avec un autre depuis au moins 6 semaines (une éternité) et la perspective de te lever à 8h30 le samedi parce que Solal travaille à 10h ne te pose aucun problème alors que tu as normalement les réveils matinaux en horreur.

En fait, cet écorché-vif adulescent est la plus belle chose qui te soit arrivée depuis un an.
Mais on n’épouse pas ce genre de garçons.
Pourquoi ? Ecoute juste un extrait de quelques secondes d’un concert de trashpunk auquel Solal a assisté l’autre jour. Tu comprendras.

Pourtant, quelques mois plus tard, il faut reconnaître que Solal est devenu ton petit ami. La suite de l’aventure (parce que oui, il y a eu une suite), c’est ici

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